Exposition Galerie Impression Paris 7, avril, 2011 - 7, mai, 2011



IMPRESSIONS
Exposition d’artistes asiatiques ou travaillant sur l’Asie - Livres d’occasion sur l’Asie

Exposition de deux artistes taiwanais
Les fleurs libérées, légères comme un rêve - SUN WeiShiuan
Les montagnes que l’on voit ne sont pas des montagnes - CHANG ChungLiang
Exposition du 7 avril au 7 mai 2011
Vernissage jeudi 7 avril à partir de 19h


Les créations de Sun WeiShiuan et de Chang ChungLiang combinent leurs multiples relations entre éléments asiatiques et occidentaux.

Les œuvres de Sun WeiShiuan contenant bien sûr des éléments orientaux, réfléchissent à la façon de représenter caractères chinois et peinture à l'encre traditionnelle à travers un vocabulaire contemporain et international. Sun WeiShiuan expose pour la seconde fois dans la librairie galerie IMPRESSIONS. Ses œuvres sont des créations spontanées. En dehors de ses propres recherches théoriques, Sun WeiShiuan travaillant actuellement sur l'esthétique et l'art chinois contemporain comme doctorante de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Chang ChungLiang, tout d’abord lancé dans une voie originale et contemporaine, intègre aujourd’hui dans son travail la peinture traditionnelle de paysage chinois, dans laquelle apparaît pour lui une véritable essence « nutritive ». Ayant débuté dès son arrivée en France par la vidéo, la photographie et autres images en deux dimensions, Chang ChungLiang se tourne aujourd’hui vers la photographie numérique et cherche donc à intégrer des éléments occidentaux dans des paysages chinois. Objectif photographique et traitement numérique, reproduction et synthèse laissent apparaître des paysages d’une certaine humilité.

自在飛花輕似夢 Les fleurs libérées, légères comme un rêve - Sun WeiShiuan/孫維瑄

Les œuvres de Sun WeiShiuan sont principalement créées avec les matériaux traditionnels, tels que le papier, l’encre, les pinceaux... Les matériaux familiers sont là, mais WeiShiuan ne se restreint pas à ces techniques habituelles, qui limiteraient son expression. Cette démarche et ces travaux de recherche se renforcent ainsi mutuellement et Sun WeiShiuan y manifeste son profond sentiment d'appartenance à sa culture première. Dans l'étude du graphimage contemporain, les performances d’artistes occidentaux ou orientaux lui permettent d'avoir une perspective plus large sur l'écriture. Dans la peinture contemporaine, et surtout dans l’expressionnisme abstrait, WeiShiuan trouve de multiples inspirations. Pour elle, « le graphimage est le vocabulaire contemporain d’un concept désirant que “la calligraphie et la peinture partagent la même origine”;(…) la création non-figurative est une tentative d’hériter et de diffuser les caractéristiques de la culture traditionnelle chinoise et de les combiner avec la conceptualité de l'art occidental ».

Le graphimage est chargé de symboles entre l'écriture et l'image. Les mots ne sont pas des mots ; les peintures ne sont pas des peintures. WeiShiuan travaille sur « la ressemblance de la dissemblance» (La théorie de la peinture du peintre chinois - ShiTao) Elle est à l'aise dans la technique même du pinceau, sa force apparaît clairement. Mais parfois toute technique semble s’évader. Le « sans-technique » engendre les « multi-techniques » et du « sans-forme » naît la forme réelle. De ses œuvres jaillissent de nouveaux caractères, dont l’audace et la liberté dépassent l’extrême rigueur de ses propres recherches. Face à ses œuvres, « l’autre côté » de WeiShiuan exprime librement et avec facilité sa pleine vitalité et son enthousiasme pour la peinture. Raison pour laquelle elle a créé cette série à l'aide du poème « Les fleurs libérées, légères comme un rêve ».

Les œuvres de WeiShiuan peuvent être divisées en trois séries, l'encre, le graphimage et la fleur :

- L'encre peut être une métaphore du chaos, le travail de WeiShiuan est ici totalement libre, rendu par de grands traits sur papier de riz, véritables halos naturels.
- Le graphimage, basée sur des caractères chinois déconstruits crée une autre image, parfois un mot, parfois une phrase, voire même un poème entier. De cette série naît l’ambigüité entre mot et peinture.
- La fleur, quant à elle, possède une expression plus lyrique. Des caractères chinois déconstruits sont re-transformés en une forme de fleur où apparaissent des projections précises d’images mentales et une écriture « émotionnelle ». Les fleurs sont des rêves, expressions les plus sincères de WeiShiuan



galerie librairie IMPRESSIONS - 98, rue Quincampoix, 75003 PARIS - 01 42 76 01 04
Ouvert mercredi de 18 h à 21 h, samedi de 14 h à 20 h - impressions98@wanadoo.fr - Mo Rambuteau

見山不是山 Les montagnes que l’on voit ne sont pas des montagnes - Chang ChungLiang/張仲良

« Les montagnes que l’on voit ne sont pas des montagnes » est la deuxième étape des trois niveaux de conception du satori, ayant pour origine le bouddhisme Zen. Ce nom m’est venu à l’esprit lorsque j’ai terminé ce travail. Avant, il n’y avait pas de relation précise entre ce nom et cette série. En regardant ces photographies je me suis dit qu’il fallait leur trouver un nom. Une phrase m’est alors apparue : « les montagnes qui sont présentées dans ces tableaux ne sont pas vraiment des montagnes ». Cette phrase s’est soudainement liée avec cette conception du maître Zen chinois Ts’ing-iuan Oueihsin (En japonais Seigen Ishin) : « avant qu’un l’homme pratique le zen, les montagnes pour lui sont des montagnes……, pendant qu’il a réalisé une vision intérieure de la vérité du Zen, les montagnes qu’il voit ne sont plus des montagnes ; mais après l’étude du zen, lorsqu’il parvient réellement à l’asile du repos, de nouveau les montagnes sont encore des montagnes……. » (On trouvera cet aphorisme dans l’ouvrage de D.T. SUZUKI, Essais sur le bouddhisme Zen, Albin Michel, 1995, Paris).

Dans la vie quotidienne on utilise souvent cet aphorisme pour expliquer le processus de notre compréhension d’une chose nous étant inconnue auparavant. Lorsque l’on se plonge trop dans la recherche concernant un objet, celui-ci ne nous apparaît plus de la même façon, seul son aspect le plus profond est perçu et l’on s’y perd. Il faut s’éveiller pour percevoir la montagne comme la montagne. C’est aussi comme dans le rêve d’Alice, tout ce que l’on rencontre est différent, irréel, une situation sans logique

Le maître du Zen dit que le phénomène de tout ce qu’on voit vient de notre cœur. Par conséquent, l’image devant nous est créée par notre imaginaire. L’objet nous apparaît donc sous différents aspects selon notre état d’esprit. La transformation et l’imaginaire de la création artistique est alors présente. « Les montagnes que l’on voit ne sont pas des montagnes » a deux aspects pour cette série de photographies : le premier veut que les papiers, traversés par ma vision, se transforment en forme de montagnes. C’est mon regard sur l’objet papier, mais ce n’est pas l’objet papier lui-même ; l’autre aspect veut que les montagnes que les spectateurs y voient ne soient pas de vraies montagnes.

Dans cette exposition, une partie consiste à « reprendre la montagne en photographie ». Je reprends les peintures chinoises que j’ai photographiées, puis j’intègre des personnages dans l’image même pour former un effet de focus, entraînant la narration. Et puis je rajoute un effet de perspective, pour que l’on voie un tableau comme de bas en haut. Il se présente comme un trapèze, ou une forme proche du triangle. (Le mot montagne dans la calligraphie chinoise s’écrit 山et ressemble à un triangle). La seconde partie s’approche de « la montagne pliée ». J’abandonne les techniques utilisant le pinceau, donc la peinture, pour reproduire l’image : je traite les papiers comme la montagne même. Comme le papier est léger et très fin, lorsqu’on le prend en main ou qu’on le pose, il prend une forme merveilleuse. Plié, sa forme est plus riche encore. Sa nouvelle texture offre un volume intéressant pour le travail. Je le photographie, puis l’imprime sur un papier photo plat. L’objet change ainsi de caractère et donne naissance à une autre forme, une autre figure : « les montagnes que l’on voit ne sont pas des montagnes ».

Les formes de ces montagnes sont en papier de riz, je peins de façon aléatoire à l’encre de Chine. Après le passage de l’encre, le papier, humide, forme le volume. Il est instable dans notre temporalité. Pris en photographie, cet objet est fixé sur le papier photographique et devient statique, presque éternel. Le papier plié ne représente pas entièrement la forme de la montagne, étant plus libre que la persistance triangulaire de la montagne. Sa forme incertaine laisse plus de place à l’imaginaire. Le peintre chinois ShiTao parlait de « la ressemblance de la dissemblance ». Et ces formes incertaines s’approchent de la « réalité » de la montagne en passant par un « sembler quitté, sembler collé ».

Article / CHANG Chungliang

Galerie Librairie IMPRESSIONS, 98, Quincampoix 75003 PARIS
Ouvert mercredi de 18h à 21h et samedi de 14h à 20h
http:// impressions.blogdirigeant.com - impressions98@wanadoo.fr - 01 42 76 01 04
孫維瑄 Sun WeiShiuan, carolesunparis@hotmail.com - 06 65 14 89 22
張仲良 Chang ChungLiang, charles757729@hotmail.com - 06 46 32 21 23
http://laphotodecharles.blog.com



LibrairieIMPRESSION藝廊是一個主要以東方元素及東方藝術家為主題的藝廊。因此,在這次展覽的機會下,我們各自以自己平日的創作為出發點,來思考個人的創作與東方元素的關係。維瑄的作品本來就具有東方元素,而處於當代藝術的環境,也讓她思考中國文字和傳統水墨如何以國際和當代的語彙來呈現。我個人則是在原本當代藝術創作的路徑上,回過頭來將傳統的中國山水繪畫納入其中成為養分。兩個人的創作出發點不盡相同,但最後卻在相互逆向操作的道路上於當代藝術的領域裡相會在一起,然而又呈現了完全不一樣的面貌。
孫維瑄目前在巴黎一大博士班投入美學和中國當代藝術方面的研究,在理論方面有深而廣的涉及,尤其對於文字方面的領域上別下功夫。在法國已經累積不少展覽經驗的她,這次是她個人在LibrairieGalerieIMPRESSION的第二次展覽。她的作品是她個人在理論研究之外的自發性創作活動。在平日的理論研究之外,這些繪畫的創作活動,也使她對於藝術實踐有另一層面的體認。
我個人則是在來法國之後開始以攝影錄影等平面影像展開創作活動。平日的創作更以平面數位攝影居多。這次的展覽個人則是以數位影像來回應東方中國山水的元素。透過鏡框下的觀看方式,以及數位處理的複製與合成,將原本不起眼的紙張轉化成我們眼前的山水。
自在花飛輕似夢 Les fleurs libérées, légères comme un rêve /Sun WeiShiuan/孫維瑄

孫維瑄的作品,以中國傳統藝術上的水墨、宣紙等媒材為主,一方面和她的研究有相輔相成的關係,另一方面,也是對於自身文化的一種親密而具歸屬的情感。她的創作,雖然不脫離我們所熟悉的筆墨和筆法,但是又不完全的被過去我們所熟悉的筆墨技巧和著墨方法所限制,而侷限了她藝術上的表現。在書象當代藝術的研究上,無論是西方或東方的藝術家表現,都讓她對於文字這個課題有更廣闊的眼光。在當代繪畫上,尤其抽象表現主義的許多大家,更是給予她很多的啟法,她也能夠在東西方的融合之下,將中國文字帶出一條超越東方和西方而自在的書象之路。
維瑄的書象作品,是一種介於文字和圖畫之間的曖昧圖像。似字又不是字,似畫又不是畫,在『不似之似』 之間玩味出許多的趣味。維瑄的筆法輕鬆自在,時而看見他下過功夫的筆力,時而又似乎沒有筆法,正所謂,以無法而能生萬法,以無相生實相。於是在他的畫面,更能夠看出許多的天真而自然之處。畫面上大膽而不拘小節的作風,和一般對她本人嚴緊處事和做研究的印象似乎是相違背。但也正是這樣,在面對他的作品時,我們可以看到她輕鬆自在展現個人生命和繪畫上的熱情的一面。也於是乎,她將這一系列的作品以一首『自在花飛輕似夢』的詩來貫穿他的創作。
維瑄的作品可以分為幾個系列,我以墨象、字象以及花象來形容表述。墨象可以喻作是文字生成前的一種渾沌狀態,在這個系列當中,維瑄所使用的筆調最為自在,通常是以大塊的墨大片的渲染在宣紙上,任由它自然暈散而成型,這系列的作品無形無字,最為純粹天然;字象的部份,則是以拆解、解構後的中國文字再結構成一個畫面,有時是一個字,有時是一句話,甚至有時是一整首詩。這個系列的作品似字卻又非字,似畫卻又非畫,在字與畫曖昧之間的琢磨之中,最見趣味;花象系列的部份,則是一種較為抒情的表現。將文字的解構和重組幻化成一朵花形,顯然是一種更為具體的心象投射和情緒書寫。這個系列,似花非花,如花者又似夢,最見她真誠的情感表現。
將她的作品以這三種形式來分析,可看出維瑄在創作上一層又一層的建構,從無象,到形象,更至於幻化之象,有層層遞增一波三折的巧妙。或許也巧合的呼應了下面要提到的見山不是山,見山又是山的三種境界。
見山不是山 La montagne que l’on voit n’est pas la montagne/Chang ChungLiang/張仲良
『見山不是山』原本是禪宗所講的『悟』satori的三個階段中的第二層境界。其實這樣的命名是在這一系列作品完成後才漸漸浮現出來。也就是說,這系列完成之前,作品本身和這概念之間並非有一個特定而確切的關聯,所以並不是刻意的為了要表現禪的內涵或意境而製作的作品,而是在偶然的一次看著這一系列作品而想為他們命名的時候,便脫口而出:『……但……,這畫面中的山…,都不真的是山…』,於是和禪宗的『見山不是山』巧合的聯想在一起了。
『見山不是山』是中國禪師青原惟信於參禪過程中的體會而所表達出來的一句話:「未參禪時,見山是山,既參禪後,見山不是山,參悟之後得休息時,見山又是山。」這裡所講的,是一個人在了悟的過程當中,對事理有更一深層的了解,因此面對眼前所立之山,就不再是山了。
在日常生活中,也常用來隱喻為對一般事務理解的過程。尤其在我們太過專注,或太貼近於一件事務的時候,一方面,我們看到了他的另一個深層的面貌,另一方面,我們也可能在這些面貌中迷失。而要等到我們最後完全醒悟過來的時候,才會見山又是山。在這個狀態的時後,又像進入愛麗絲的夢境,所有我們所見的日常事務都和平日不一樣了,也同時進入了沒有邏輯的狀態。
禪宗告訴我們一切都是由心而起,我們眼前所見的物象,因著我們心中所佔據的其他意象,而使得所見之象有了另一層面的轉變和聯想,於是物象本身隨著觀者的心境也有所不同。 藝術創作的轉化,聯想,多半是在這一個層面中實現。這個概念運用在這個系列中,可以有兩個面向的解釋,一方面,作者觀看的紙張,在心中轉化成了山形,有了山境,所以是看物不是物。另一方面,當觀者看到這展示的畫面中的山形,卻也不是山。
這一次展覽裡面分作兩部份。第一個部份是『再攝水墨畫』,也是這系列中最初發展的作品。將原本畫好,或是畫不好的水墨畫,重新拍攝下來,再將現實中的人物安置在畫面上,形成點景效果,並且也產生了帶有劇場般場景的敘事性。後來又再加上了透視效果,而成為了有透視感的梯字型,或是近三角形的山形。(中國的『山』字寫起來就是一個三角形的造型:『山』)
第二個部份則是『褶皺山水』。放棄了原來運用筆墨構成畫面的方式,將原來的紙張本身就看作是山形的構成本身。紙張本身因為柔軟單薄的關係,拿在手上,或是輕放在桌面上,都能自如的形成細微漫妙的型態。再加上他有了褶皺之後,除了使造型上更加豐富,表面所產生的肌理也讓畫面有了一種立體感。這裡也就更接近了攝影的觀看方式,透過攝影的觀點角度,經過拍攝輸出在一張平面的紙張後,原本物件的屬性也因著承載物的轉換,而形成了一個新的形象,也正是如上所說『見山不是山』的轉化和聯想的詮釋。
畫面上構成的山形是水墨畫所用的宣紙畫上隨意的筆墨。宣紙在著墨,溼潤後,產生了褶皺,這些褶皺本身具有體積,而且在時間裡具有不定性。將這些物件再度翻攝後,這些在時間空間中不定性的物件被瞬間封住在平面影像裡,而永久靜止。
紙張的造型也不完全是山的造形,比起第一部份執著於一個三角造型上來隱喻山形的方式,來的更加自由。不定的形狀,也更有聯想的空間。如同中國清朝畫家石濤的『不似之似』之說,觀者面對這些不定而似山形的影像時,更與實質上的山形有了『若即若離』的感受。



Exposition Galerie Impression Paris 7, avril, 2011 - 7, mai, 2011